S’il n’existe pas de limite légale, l’âge influence malgré tout les conditions d’octroi d’un prêt hypothécaire aux seniors. Quels sont les points d’attention des banques?
En Belgique, aucune loi n’interdit de contracter un crédit hypothécaire après 55, 65 ou même 75 ans. En théorie, il est donc possible d’emprunter à tout âge. Le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie amènent d’ailleurs les banques à financer les seniors, qui ont encore souvent des projets à concrétiser.
Pour autant, les seniors ne partent pas perdants! Ils peuvent même dégainer des arguments susceptibles de donner un coup de pouce à leur dossier.
La part des crédits accordés aux emprunteurs seniorsreste stable, à 6% chez BNPP Fortis (+55 ans) et 5% chez Belfius (+60 ans). Quels sont les critères déterminants pour décrocher un crédit hypothécaire quand on a déjà un certain âge?
Revenus suffisants plutôt qu’âge limite
Les banques assurent que les dossiers clients sont tous examinés rigoureusement sur la base des mêmes critères, dont l’âge fait bien sûr partie, sans qu’aucune limite stricte soit fixée.
Revenus actuels et futurs, capacité de remboursement, niveau d’endettement global, quotité (montant du crédit/valeur du bien), garanties apportées, apport personnel, réserve financière, autres dépenses fixes et profil de risque… C’est la combinaison de ces facteurs qui est déterminante.
Belfius et ING soulignent l’importance de s’assurer que le client ait une capacité de remboursement suffisante et confortable pour toute la durée du crédit, en particulier s’il réduit son temps de travail en fin de carrière et si son prêt court au-delà de l’âge de la retraite.
Assurance solde restant dû plus chère
L’âge peut avoir une incidence sur le coût de l’assurance solde restant dû (ASRD), puisque celle-ci dépend notamment du risque couvert, qui augmente avec l’âge.
« Pour l’ASRD, qui est généralement plus coûteuse à mesure que l’âge augmente, l’âge maximum de l’assuré lors de la souscription du contrat ne peut pas dépasser 65 ans« , indique Belfius. « L’ASRD n’est cependant pas une obligation explicite pour l’octroi du crédit. Des assurances vie existantes peuvent également servir d’ASRD. »
Montant, durée et quotités moindres
Souvent à la tête d’un patrimoine plus important, les +55 ans empruntent pour un montant, une durée et une quotité moindres.
En 2025, le montant moyen emprunté était de 200.000 euros chez Belfius (+60 ans) et de 202.000 euros pour une durée de 111 mois et pour unequotité de 36% chez BNPP Fortis (+55 ans). La moitié des crédits accordés par Belfius aux clients seniors étaient des crédits-ponts.
Dans les deux banques qui nous ont fourni des chiffres détaillés, les crédits accordés aux seniors étaient majoritairement destinés à l’achat d’un bien existant (60%), contre 30% à 34% à l’achat ou à la construction d’un logement neuf.
Les baby-boomers sont moins sensibles aux risques: 22% d’entre eux ont opté pour un taux variable (alors que 90% de la clientèle en général sont à taux fixe), constate BNPP Fortis. « Des chiffres qui reflètent une situation patrimoniale plus solide qui protège davantage cette génération des tensions actuelles sur le marché ».
Alternatives
Des alternatives au crédit classique peuvent également être envisagées, rappelle-t-on chez Belfius:
- Le crédit pont, qui est remboursé par la vente d’un bien immobilier.
- Le crédit bullet, crédit à terme fixe qui peut être remboursé par la libération d’une assurance groupe ou de placements.
- L’achat scindé, une technique très populaire auprès des seniors qui planifient leur succession. Les parents achètent l’usufruit d’un bien immobilier et les enfants sa nue-propriété, en général grâce à une donation préalable des parents – puisque c’est là que réside l’intérêt fiscal de l’opération – et deviennent alors pleins propriétaires du bien au décès des parents, sans qu’aucun droit de succession ne soit dû… Pour autant que les conditions de ce type d’opération aient été scrupuleusement respectées, afin d’éviter la qualification d’abus fiscal.
Source : L’écho